Ce que change l’arrêté du 24 septembre

En temps normal, un camion de plus de 7,5 tonnes n’a pas le droit de rouler du samedi 22 h au dimanche 22 h, ni la veille d’un jour férié à partir de 22 h. La règle est fixée par un arrêté du 16 avril 2021, qui prévoit une exception permanente pour les citernes qui ravitaillent les autoroutes, les aéroports et les ports. Les stations d’une route ordinaire, elles, ne sont jamais livrées le dimanche, et c’est ce verrou que le nouveau texte fait sauter.

Le texte tient en trois articles, et chacun a une conséquence concrète :

  • Toutes les stations-service : l’interdiction du week-end, celle des samedis d’été et les restrictions propres à l’Île-de-France sont levées pour les véhicules qui transportent des hydrocarbures vers les pompes.
  • Le retour à vide : il est autorisé partout en France, ce qui permet à une citerne d’enchaîner deux tournées dans la même journée.
  • Un justificatif à bord : le chauffeur doit prouver en cas de contrôle qu’il dessert bien une station, sur papier ou sous forme dématérialisée.

La date de fin n’a rien d’arbitraire. Le lundi 12 octobre à 10 h correspond à la fin de la dernière restriction du week-end, celle qui interdit aux camions plusieurs autoroutes franciliennes le lundi entre 6 h et 10 h. Trois dimanches sont donc concernés, le 27 septembre, le 4 octobre et le 11 octobre.

Pourquoi le dimanche pèse autant sur les stations

Les cuves ne se vident pas au même rythme toute la semaine. Le week-end concentre les pleins, alors que les livraisons s’arrêtent du samedi soir au dimanche soir. Une station prise d’assaut le samedi peut rester vide jusqu’au lundi, le temps que la première citerne de la semaine arrive, et c’est ce trou de 24 heures que la dérogation comble.

La pression vient d’abord des prix. Depuis le 22 juillet, TotalEnergies plafonne le litre d’essence à 1,99 € et celui de gazole à 2,25 € dans ses stations de l’Hexagone. Ce vendredi, le prix médian relevé en France atteint 2,40 € pour le gazole et 2,16 € pour le SP95-E10. L’écart de 15 à 17 centimes par litre attire les automobilistes vers le même réseau, dont les cuves se vident plus vite que les camions ne les remplissent. Elle nourrit aussi les vols de carburant.

Où en sont les stations ce vendredi

Les stations déclarent elles-mêmes leurs ruptures sur le site public des prix des carburants. Ce vendredi à 10 h, sur 9 807 stations recensées, 1 303 signalaient une rupture récente d’au moins un des quatre carburants courants. Le manque touche surtout le SP98, mais le gazole fait défaut dans une station sur 18, ce qui pénalise d’abord les gros rouleurs et les artisans.

Stations en rupture le vendredi 25 septembre 2026 au matin, par carburant
Carburant Stations qui le proposent En rupture Part
SP98 9 512 945 9,9 %
SP95-E10 9 421 600 6,4 %
Gazole 9 687 551 5,7 %
SP95 8 893 261 2,9 %
Au moins un des quatre 9 807 1 303 13,3 %

Les stations totalement à sec restent rares : 39 seulement n’avaient plus ni gazole ni aucune essence. Le risque le plus fréquent est de trouver la pompe de son carburant vide, pas la station fermée, d’où l’intérêt de vérifier la disponibilité avant de partir.

La carte n’est pas uniforme. L’Île-de-France compte 19,2 % de stations touchées et le Grand Est 19,0 %, devant les Pays de la Loire à 17,1 %. À l’autre bout, la Provence-Alpes-Côte d’Azur reste sous les 9 % et la Corse n’en signale aucune.

Les départements les plus touchés (part des stations en rupture d’au moins un carburant)
Département Stations Part en rupture
Bas-Rhin 146 29,5 %
Paris 48 27,1 %
Meurthe-et-Moselle 94 25,5 %
Haut-Rhin 114 25,4 %
Yvelines 141 23,4 %
Orne 58 22,4 %
Ille-et-Vilaine 149 22,1 %

Un remède déjà testé au printemps

Un premier arrêté avait autorisé les citernes à rouler le week-end du 10 avril au 11 mai 2026 à 10 h, déjà sur fond de conflit au Moyen-Orient. Le ministère de l’Économie évoquait alors 13 % de stations en difficulté, et jusqu’à 20 % au lendemain du week-end de Pâques.

La situation actuelle diffère sur un point. Le gouvernement exclut toute pénurie nationale, les stocks étant pleins, et parle d’un problème d’acheminement. Plusieurs leviers sont activés en parallèle :

  • Les livraisons du dimanche, avec l’arrêté publié ce vendredi.
  • Les raffineries : certaines opérations de maintenance ont été reportées, et le site de Port-Jérôme a été autorisé à produire davantage.
  • L’échelon européen : le chef de l’État a demandé à la Commission d’assouplir les contraintes qui pèsent sur les raffineries pour dégager 20 % de production supplémentaire.

Faire le plein sans perdre de temps ni d’argent

Trois réflexes limitent le risque de tomber sur une pompe vide, et un quatrième protège le budget :

  1. Consulter la carte avant de partir : le site prix-carburants.gouv.fr affiche, station par station, les carburants disponibles et ceux en rupture.
  2. Éviter le plein de précaution : remplir un réservoir encore à moitié plein vide les cuves plus vite et entretient les ruptures qu’il cherche à éviter.
  3. Ne pas renoncer après un samedi vide : jusqu’au 12 octobre, une pompe vidée le samedi peut être remplie dès le dimanche.
  4. Demander l’aide aux grands rouleurs : le guichet reste ouvert sur impots.gouv.fr jusqu’au 31 décembre 2026, avec 100 € pour la période d’octobre à décembre, sous condition de revenu et de distance domicile-travail.

Reste le calcul du détour. Avec un plein de 50 litres de gazole, rejoindre une station plafonnée rapporte encore 6,15 € après un détour de 10 km aller-retour, et l’opération reste gagnante jusqu’à 55 km environ pour une voiture qui consomme 6 litres aux 100 km.

Le détour vers une station plafonnée vaut-il le coup ?

Ruptures de carburant : un arrêté autorise les camions-citernes à livrer le dimanche jusqu’au 12 octobre

Un employeur peut aussi amortir la facture. La prime carburant, jusqu’à 600 € sans cotisation, s’ajoute à l’aide de l’État, et le covoiturage pour aller au bureau divise la dépense par le nombre de passagers. Rouler moins peut aussi faire baisser l’assurance auto.




Voiture électrique : coût de la recharge, autonomie et bornes
Ce que coûte réellement un plein d’électricité à domicile ou sur borne, et comment choisir son offre de recharge.


La recharge électrique, hors de la file d’attente

Les voitures électriques rechargées à domicile échappent aux ruptures. Avec un gazole au-dessus de 2 € le litre, l’écart de coût avec une recharge à la maison n’a jamais été aussi large, comme le détaille notre calcul du vrai écart entre un plein et une recharge à domicile.

L’avantage se réduit sur les longs trajets. Sur autoroute, l’électrique ne gagne plus qu’environ 1 € aux 100 km face au gazole, contre une dizaine d’euros à la maison. Le choix de l’offre d’électricité et d’un chargeur domestique adapté, rechargé en heures creuses, fait l’essentiel de la différence.

Top 10 des offres les moins chères pour recharger son véhicule électrique sur borne 7,4 kW en septembre 2026

Top
10

Voiture Électrique



4,52
/5
·
4 862 avis


Verte standard


Prix indexé
Selectra Score D

Vérifié
24/09/2026

729 €/an
2,24 €/100 km




+78 €
surcoût /an



−1,33 €
économisés /100 km

Abo. 471,12 €/an


HP 0,2142 €/kWh


HSC 0,1064 €/kWh

Top
1

-50% sur les Heures Creuses


Verte standard


Prix fixe 1 an
Selectra Score D

Vérifié
24/09/2026

513 €/an
2,26 €/100 km




−138 €
économisés /an



−1,31 €
économisés /100 km

Abo. 252,12 €/an


HP 0,2142 €/kWh

Top
2

Octopus Go



4,89
/5
·
59 365 avis


Verte standard


Prix fixe 1 an
Selectra Score C

Vérifié
24/09/2026

519 €/an
2,40 €/100 km




−132 €
économisés /an



−1,17 €
économisés /100 km

Abo. 241,92 €/an


HP 0,2302 €/kWh

Top
3

Vert Electrique Auto



4,65
/5
·
60 505 avis


Verte standard


Prix indexé
Selectra Score D

Vérifié
15/09/2026

526 €/an
2,49 €/100 km




−125 €
économisés /an



−1,08 €
économisés /100 km

Abo. 238,56 €/an


HP 0,2404 €/kWh

Top
4

Charge’Heures



4,49
/5
·
244 471 avis


Verte standard


Prix indexé
Selectra Score D

Vérifié
24/09/2026

533 €/an
2,55 €/100 km




−118 €
économisés /an



−1,02 €
économisés /100 km

Abo. 238,80 €/an


HP 0,2305 €/kWh


HSC 0,1335 €/kWh

Top
5

NovaFixe Élec



4,51
/5
·
14 229 avis


Verte standard


Prix fixe 1 an
Selectra Score A

Vérifié
24/09/2026

538 €/an
2,60 €/100 km




−113 €
économisés /an



−0,98 €
économisés /100 km

Abo. 238,56 €/an


HP 0,1929 €/kWh

Top
6

Online & Green



4,44
/5
·
15 147 avis


Verte standard


Prix indexé
Selectra Score B

Vérifié
24/09/2026

544 €/an
2,62 €/100 km




−107 €
économisés /an



−0,95 €
économisés /100 km

Abo. 241,92 €/an


HP 0,1947 €/kWh

Top
7

Elec’Car 1 an



4,37
/5
·
31 218 avis


Verte standard


Prix indexé
Selectra Score D

Vérifié
03/08/2026

555 €/an
2,73 €/100 km




−96 €
économisés /an



−0,84 €
économisés /100 km

Abo. 240,00 €/an


HP 0,2668 €/kWh

Top
8

Intelligent Octopus



4,89
/5
·
59 365 avis


Verte standard


Prix fixe 2 ans
Selectra Score B

Vérifié
24/09/2026

563 €/an
2,82 €/100 km




−88 €
économisés /an



−0,76 €
économisés /100 km

Abo. 238,56 €/an


HP 0,2106 €/kWh

Top
9

Octopus Drive Pack



4,89
/5
·
59 365 avis


Verte standard


Prix fixe 2 ans
Selectra Score B

Vérifié
24/09/2026

567 €/an
2,82 €/100 km




−84 €
économisés /an



−0,76 €
économisés /100 km

Abo. 241,92 €/an


HP 0,2106 €/kWh

Tarifs vérifiés chaque semaine · Borne 7,4 kW · Septembre 2026

Économies et surcoûts calculés vs Tarif Réglementé EDF en option Base (abonnement 238,56 €/an, kWh 0,1985 €/kWh, 9 kVA) — sur un plein de 45 kWh (250 km) en mode « Par km », sur 2 076 kWh/an (11 600 km) en mode « Par an ».

GPL et superéthanol, à l’écart de la tension

Le GPL, à peine plus de 1 € le litre, et l’E85, sous 0,90 € en médiane, restent en marge de la crise, mais ils exigent un véhicule compatible ou un boîtier homologué, un investissement qui ne se rentabilise qu’en roulant beaucoup. Pour les propriétaires de diesel, le gazole coûte désormais plus cher que l’essence. Les trois dimanches de livraison devraient desserrer l’étau d’ici le 12 octobre, sans rien changer au prix affiché à la pompe.